Planche à voile – Lucie Belbeoch fait le bilan : « C’était une saison compliquée »

Planche à voile : Lucie Belbeoch entretien avant les Championnats d'Europe

Après sa saison difficile ponctuée par une 20e place lors des Championnats du monde, Lucie Belbeoch ne fera plus partie de l’équipe de France de planche à voile. La Brestoise s’apprête donc à vivre une année particulière.

Lucie, parle-nous de ton actualité

La saison s’est terminée fin octobre et les compétitions reprendront dès janvier prochain. On a novembre et décembre pour s’entraîner puis la saison débutera rapidement ensuite. Mais il n’y a pas eu vraiment de temps de repos après les Championnats du monde. Je travaille dans une banque à côté de ma carrière et j’avais aussi certaines obligations pour les sponsors.

« C’était vraiment super de concourir chez moi, ça m’a rappelé plein de bons souvenirs »

Lucie Belbeoch

Quel bilan peux-tu dresser de ta saison ?

J’ai connu une saison un peu particulière. J’avais très bien commencé avec un gros bloc à Lanzarote aux Canaries en montrant une belle progression sur les régates. Et puis j’ai eu un Covid qui m’a un peu freiné en me faisant louper deux compétitions en milieu de saison. C’était dur de revenir ensuite avec une grosse phase d’entraînement. Et enfin, le Mondial à Brest où j’avais tout mis en place pour que ça se passe au mieux, mais malheureusement, j’ai tout gâché le dernier jour. Donc pour résumer, c’était une saison compliquée, avec en plus un changement d’entraîneur.

« J’essaie de prendre cet échec de manière positive afin de pouvoir en tirer quelque chose d’utile »

Lucie Belbeoch

Tu étais à domicile lors des Championnats du monde, quelle émotion as-tu ressentie ?

C’était vraiment super de concourir chez moi, ça m’a rappelé plein de bons souvenirs. J’ai vu beaucoup de visages familiers et c’était vraiment rassurant. Même si j’étais dans ma bulle, ça m’a fait plaisir parce que d’habitude on est plutôt isolé. La compétition en elle-même ne s’est néanmoins pas déroulée comme je l’aurais souhaité.

Justement, comment peux-tu expliquer cette désillusion avec seulement une 20e place au général ?

Je pense que j’aurais pu aller plus haut même si le niveau s’est énormément densifié. L’année dernière je faisais 7e aux Championnats du monde et cette année j’ai fait 20e. Quand tu regardes ça, c’est sûr que tu peux te dire que c’est la catastrophe puisque les classements ne mentent jamais. Maintenant, il faut que je travaille plus et mieux.

Pour autant, je ne suis pas déçue. A priori, je n’étais pas au niveau pour être mieux classé. C’était le résultat que je méritais et je n’ai pas d’excuses. Au contraire, ça me donne encore plus de rage pour repartir à l’entraînement. J’essaie de prendre cet échec de manière positive afin de pouvoir en tirer quelque chose d’utile.

« J’étais depuis 2018 en équipe de France et je vais donc me faire éjecter. Ça veut aussi dire retour à la case départ. »

Lucie Belbeoch

À cause de tes résultats lors des Mondiaux, tu ne feras plus partie la saison prochaine de l’équipe de France. Qu’est-ce qui va se passer maintenant ?

C’est un grand mystère. Avant pour être en équipe de France il fallait faire un Top 10 aux Championnats du monde, ce qui était déjà très sélectif. Cette année, il fallait être dans le Top 3. C’était donc très compliqué sur le papier. Et là, je n’y suis pas du tout. J’étais depuis 2018 en équipe de France et je vais donc me faire éjecter. Ça veut aussi dire retour à la case départ.

Je ne bénéficierai plus de financement, je ne sais pas non plus comment ça va se passer avec le coaching. Cette situation ne me fait évidemment pas plaisir, mais je me dis que rien n’arrive par hasard. C’est peut-être pour moi le moment de me recentrer et faire vraiment ce dont j’ai envie. Je vais prendre cette éviction comme un challenge. Finalement, l’équipe de France n’est qu’un statut, ça n’influera pas sur mes performances.

Sur quels axes comptes-tu travailler pour performer de nouveau ?

Je vais changer pas mal de choses. Dans un premier temps, je vais essayer de stabiliser mon staff technique, car c’était un peu houleux ces derniers mois. J’ai vraiment envie de collaborer avec les personnes que je souhaite que ce soit au niveau de l’encadrement ou même des partenaires. Je ne vais plus me forcer à faire certaines choses. Je vais peut-être même partir rencontrer des compétitrices étrangères qui ont plein de choses à m’apprendre.

Quelles sont tes prochaines ambitions ?

L’objectif principal sera de réintégrer l’équipe de France et il faudra donc aller chercher un podium au niveau international. Je ne vais rien lâcher pour réaliser une belle performance aux Championnats du monde qui auront lieu en août aux Pays-Bas.