À l’aube du sprint final en D2 féminine de handball, la joueuse du SGRMH Apolline Feuvrier s’est confiée pour Ti Sport. L’occasion d’aborder la lutte pour le maintien, sa belle saison sur le plan personnel et son départ à l’issue de la saison.
Arrivée en Bretagne en 2020, Apolline Feuvrier est devenue un élément central du SGRMH. Une joueuse talentueuse qui a foulé les parquets de D1 avec Nîmes et Besançon et qui a disputé la Coupe d’Europe avec les Bisontines. Dans le même temps, elle a toujours mis un point d’honneur sur sa carrière professionnelle d’ingénieure agroalimentaire, quitte à laisser passer certaines opportunités. Une double casquette qui permet à l’ailière droite de Saint-Grégoire de s’épanouir autant sportivement que professionnellement. Et la clé de la réussite est certainement là. Entretien.
Apolline, comment arrives-tu à gérer ta vie professionnelle et le handball ?
On va dire que c’est une organisation (rires). Je travaille à 80%, tous les jours sauf le vendredi donc c’est pas mal pour avoir du repos avant les matchs. J’ai des grosses journées, de 7h30 à 21h30, mais il faut prendre le rythme et quand on fait des choses qui nous plaisent ça passe mieux. On s’entraine beaucoup le soir parce qu’on est semi-pro, l’organisation est faite pour qu’on ait une vie à côté.
« Aujourd’hui, on commence à voir les résultats »
Apolline Feuvrier
Tu vis une saison délicate avec le SGRMH, comment abordes-tu le sprint final ?
On va dire qu’on a eu des moments difficiles depuis le début de saison. Au début, on ne se sentait pas forcément en confiance, mais depuis la fin de la trêve (début janvier) je trouve qu’on a eu un déclic. Tout le monde s’est mis dans un mode travail avec de vraies séances d’entrainement et on s’est senti progresser.
Aujourd’hui on commence à voir les résultats et on fait de belles performances depuis quelques matchs même s’il n’y a pas forcément une victoire au bout. Pour cette fin de saison, je pense qu’on est dans de bonnes dispositions pour jouer ce maintien. On engrange de la confiance quand on fait des bons matchs. Et comme toutes les filles jouent bien, la confiance est vraiment une force collective.
Qu’a-t-il manqué au SGRMH pour faire une saison plus aboutie ?
Il a toujours manqué un petit truc et je pense que c’est aussi notre marge de progression. On a une équipe très jeune, pas très expérimentée et on a beaucoup de mal à gérer le money-time. Dès que la pression augmente, on ne maitrise pas nos émotions, mais je pense qu’on apprend. Ce week-end face à ATH, on mène de neuf buts avant de paniquer en fin de match. Elles reviennent, mais on a gardé de la sérénité pour s’imposer (29-25). On aurait peut-être perdu ce match en octobre.
Vous devez affronter l’ASUL, Rochechouart et Octeville, tous candidats au maintien. C’est un point positif ?
Oui c’est sûr. On a une série hyper importante face à des adversaires à notre portée. Si on enchaine des matchs dans lesquels on joue vraiment bien – comme contre des grosses équipes comme Noisy (24-24) ou Bouillargues (24-25) – on se mettra dans les meilleures conditions pour gagner et aller chercher ce maintien.
« Je prends beaucoup de plaisir dans une équipe qui correspond vraiment à mon style de jeu »
Apolline Feuvrier
À titre personnel tu vis une très belle saison puisque tu es dans le top 5 des meilleures buteuses du Championnat. Quel est ton ressenti par rapport à cette statistique ?
C’est une question un peu plus compliquée. En fait, je me sens juste bien dans ce groupe et dans la confiance que le club me donne. Et à côté de ça, je prends du recul pour ne pas me mettre plus de pression que nécessaire. Je prends beaucoup de plaisir dans une équipe qui correspond vraiment à mon style de jeu, du jeu rapide et des magnifiques relances de nos gardiennes. Je m’éclate.
Pourtant, tu rejoindras Noisy à la fin de saison. Qu’est-ce qui t’a poussé à faire ce choix ?
C’est plus un choix de vie pour moi. J’ai envie de voir autre chose. Là je dis que je prends beaucoup de plaisir, mais ça a été deux saisons difficiles parce qu’on ne gagne pas beaucoup, donc forcément, l’ambiance n’est pas toujours au top. Ça pèse un petit peu quand même.
Je fais le choix de signer en D2, car s’engager en D1 c’est encore une organisation de vie différente. J’en avais l’occasion, mais j’aurais dû certainement mettre ma vie professionnelle entre parenthèses. Aujourd’hui j’ai vraiment trouvé cet équilibre entre ma vie sportive et ma vie pro et c’est comme ça que je suis la plus performante dans tous les niveaux. Je suis épanouie et je ne me verrais pas repartir seulement sur du hand. J’aime trop mon métier pour l’arrêter.
Photo à la Une : ©Jérôme Pagès